Information médicale indépendanteMise à jour octobre 2026

Types de cicatrices

La chéloïde, une cicatrice qui déborde

Une cicatrice qui grossit au-delà de la plaie, souvent des mois après, et qui ne régresse pas seule. Elle est rare sur une peau claire, bien plus fréquente sur une peau foncée et sur certaines zones. On peut la traiter, mais elle ne s'efface pas.

4 minutes de lecture Relu en octobre 2026 7 sources

Cicatrice hypertrophique ou chéloïde ?

Les deux sont rouges et en relief. On les distingue à leurs bords et à leur calendrier, et le traitement n'est pas le même. 1,2

Hypertrophique
Chéloïde
Les bords
Reste dans la ligne de la plaie
Déborde sur la peau saine, en « pattes de crabe »
Quand elle apparaît
Entre 6 semaines et 3 mois
Souvent après 3 mois, parfois un an ou plus après
Comment elle évolue
S'aplatit et pâlit en 12 à 18 mois, surtout si on la traite
Ne régresse pas seule et peut grossir pendant des années
Où
Zones de tension, comme l'épaule, le sternum ou les articulations
Lobe d'oreille, sternum, épaules, haut du dos, mâchoire
Après traitement
Répond bien, récidive rare
Récidive fréquente, d'où des traitements combinés et un suivi long

Qui est à risque

On ne choisit pas sa peau, mais connaître son risque avant une opération permet de prévenir plutôt que de traiter. Localement, c'est surtout la tension de la peau qui compte. Les zones à risque sont donc celles qui bougent ou qui tirent. 1,5,6,7

Peau foncée ou mate Déjà eu une chéloïde Chéloïde dans la famille Entre 10 et 30 ans Grossesse, puberté Sternum, épaules, oreilles, haut du dos Plaie qui a mis plus de 3 semaines à fermer Piercing, tatouage, acné, infection

Si vous êtes à risque, avant une opération

Rien ne garantit l'absence de chéloïde, mais ces quatre gestes réduisent le risque et permettent de la traiter tôt. 1,3

1 Le dire au chirurgien Il adapte le trait d'incision et la fermeture, et pèse l'intérêt d'un geste qui n'est pas indispensable.
2 Silicone dès la fermeture Gel ou plaque, au moins 12 heures par jour, pendant plusieurs mois, sans attendre de voir si elle épaissit.
3 Soutenir, comprimer Ruban microporeux sur la cicatrice. Au lobe de l'oreille, un clip compressif après tout geste.
4 Contrôle à six semaines Une cicatrice qui épaissit se traite tôt, par injections. L'erreur classique est d'attendre « pour voir ».

En dehors de la chirurgie, évitez les piercings, soyez prudent avec les tatouages et faites traiter sans attendre l'acné et les poils incarnés.

Les traitements

Aucun traitement n'efface une chéloïde. Le but est de l'aplatir, de calmer la douleur et les démangeaisons et d'arrêter sa croissance. On combine presque toujours plusieurs traitements, sur des mois. 1,2,4

TraitementCe qu'il fait, ce qu'il coûtePlace
Injections de corticoïdesDans la cicatrice, toutes les 4 à 6 semaines, plusieurs séances. Aplatit, calme. Peut amincir la peau, laisser une tache claire ou de petits vaisseaux.Première intention
CryothérapieAzote liquide, souvent juste avant les injections pour les rendre plus efficaces. Risque de tache claire durable sur peau foncée.Première intention
Silicone, compressionEn prévention et en complément, surtout après une exérèse. Au lobe de l'oreille, clip compressif pendant plusieurs mois.Complément
LaserColorant pulsé contre la rougeur, fractionné sur le relief, le plus souvent associé aux injections.Indications précises
ChirurgieJamais seule, car la chéloïde récidive dans la majorité des cas, parfois plus grosse. L'opération est toujours suivie d'injections, de compression ou, dans des centres équipés, d'une radiothérapie à faible dose strictement encadrée.Déconseillée seule
5-fluorouracile, toxine botulique, autresEn association ou en cas d'échec, en consultation spécialisée. Données encore limitées.Seconde intention

Consultez si

  • La cicatrice grossit encore après trois mois
  • Elle dépasse la ligne d'origine
  • Elle démange ou fait mal de façon durable
  • Elle gêne un mouvement, un vêtement, ou vous gêne tout court

Un dermatologue ou un chirurgien plasticien. Plus vous consultez tôt, plus les injections ont de chances de suffire.

Qui paie ?

En Suisse, traiter une chéloïde qui fait mal, démange ou limite un mouvement est un acte médical. Sa prise en charge par l'assurance de base se discute au cas par cas avec le médecin, avant de commencer. Une correction purement esthétique n'est pas remboursée. En France, demandez au dermatologue ce qui relève de la prescription.

Méfiez-vous des promesses d'« effacement » en une séance. Aucune méthode n'en est capable.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Pour toute question, référez-vous toujours à votre chirurgien. Ses consignes priment sur ce site.

Sources

  1. Nast A, et al. S2k guidelines for the therapy of pathological scars (hypertrophic scars and keloids), update 2020. J Dtsch Dermatol Ges. 2020.
  2. Ogawa R, et al. Diagnosis and treatment of keloids and hypertrophic scars: Japan Scar Workshop consensus document 2018. Burns Trauma. 2019;7:39.
  3. Monstrey S, et al. Updated scar management practical guidelines: non-invasive and invasive measures. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2014.
  4. Leszczynski R, et al. Laser therapy for treating hypertrophic and keloid scars. Cochrane Database Syst Rev. 2022;9:CD011642.
  5. American Academy of Dermatology. Keloids: overview, causes, treatment. Pages patients, consultées en octobre 2026.
  6. National Health Service. Keloid scars. Page patient, consultée en octobre 2026.
  7. Ogawa R, Dohi T, Tosa M, Aoki M, Akaishi S. The latest strategy for keloid and hypertrophic scar prevention and treatment: the Nippon Medical School (NMS) protocol. J Nippon Med Sch. 2021;88(1):2-9.
Mon plan de soins